
La fin d’année se profile, et avec elle cette sensation familière d’accélération.
Nous courons.
Pour terminer nos dossiers, atteindre nos objectifs, clôturer le chiffre d’affaires.
Nous cochons les dernières cases, jour après jour, parfois tard le soir, avec cette liste mentale qui ne se vide jamais vraiment.
Et puis, en parallèle, il y a la vie.
Les fêtes qui approchent.
Le repas de Noël à organiser, les cadeaux à penser, les enfants, la famille, les attentes visibles et invisibles.
Une effervescence douce en apparence, mais lourde à porter quand tout s’additionne.
Cette période est particulière.
Elle ne ressemble pas aux autres.
Il y a cette fatigue que l’on connaît bien, mais aussi quelque chose de plus subtil.
Un sentiment étrange.
Comme si cette fin d’année ne se contentait pas de fermer un calendrier, mais venait clore un cycle plus profond.
Une année en 9, dit-on parfois.
La fin d’un chapitre.
Un moment de transition, où l’on sent confusément que quelque chose se termine, même si l’on ne sait pas encore exactement quoi.
Alors on continue d’avancer, parfois en apnée.
Mais intérieurement, ça bouge.
Des questions émergent.
Des envies se transforment.
Des évidences tombent.
Et si cette agitation n’était pas un problème à résoudre, mais un signal ?
Et si cette charge mentale était le reflet d’un trop-plein, appelant à être allégé avant de recommencer autrement ?
La fin d’année nous invite à ralentir, même quand tout nous pousse à accélérer.
À faire le tri.
À reconnaître ce qui a été accompli, même imparfaitement.
À accepter ce qui n’a pas été fait.
Ce n’est pas un échec.
C’est une respiration.
Car chaque fin porte déjà en elle un nouveau départ.
Pas celui des résolutions bruyantes du 1er janvier, mais un mouvement plus intime.
Une réorientation.
Une façon différente d’habiter son travail, sa vie, son énergie.
Alors peut-être que cette année, au lieu d’ajouter une tâche de plus à la liste, on peut s’autoriser autre chose.
Un temps de silence.
Un moment pour sentir.
Pour laisser mourir ce qui doit l’être, afin de faire place à ce qui vient.
La fin d’année n’est pas une ligne d’arrivée.
C’est un passage.
Et parfois, traverser suffit déjà à se remettre en mouvement.